Le comptable, le banquier, l’avocat, l’investisseur, le mentor…, autant de professionnels qui peuvent accompagner l’aspirant entrepreneur. Leurs conseils sont précieux pour éviter certains pièges fiscaux ou légaux et pour lancer son projet sur de bonnes bases.

L’année 2020 a battu des records avec près de 850.000 créations d’entreprises, malgré la crise sanitaire. Et les chiffres des quatre premiers mois confirment la tendance avec 365.000 créations en 2021 contre 245.000 en 2020.

Créer, c’est bien ; durer, c’est mieux. « 52 % des entreprises disparaissent dans les cinq premières années, avec une forte mortalité dans la tranche 2 à 5 ans, rappelle Pierre Goguet, président de CCI France. Cependant, ce chiffre tombe à 30 % pour les entreprises accompagnées. » Bien entouré, l’entrepreneur a donc plus de chances de réussir.

Afin de sécuriser toute la partie financière et fiscale, un expert-comptable s’avère indispensable pour l’entrepreneur comme pour d’éventuels investisseurs sensibles à l’authenticité des documents financiers. « En phase de création, l’expert-comptable aide à l’élaboration du business plan : il valide les hypothèses, chiffre les besoins financiers et s’assure de la bonne couverture des charges et investissements. Il cadre aussi les aspects juridiques, fiscaux et sociaux et conseille sur la bonne forme juridique à adopter selon la situation du créateur », énumère Laurent Benoudiz, président de l’Ordre des experts-comptables de Paris Ile-de-France.

Au quotidien, l’expert-comptable veille à ce que les obligations fiscales de l’entrepreneur soient en règle. Une tranquillité d’esprit appréciable, renforcée début 2021 parl’examen de conformité fiscale (ECF) : si l’entrepreneur le souhaite, un expert habilité audite 10 points les plus sujets à produire des erreurs fiscales et vérifie leur conformité. En cas de redressement sur l’un des points validés, l’entreprise ne s’expose à aucune pénalité ni intérêts de retard, et peut même exiger le remboursement d’une partie des honoraires versés à l’expert-comptable.

Le banquier pour une vue d’ensemble

Autre partenaire souvent incontournable lorsqu’on entreprend : le banquier. Beaucoup d’entrepreneurs sollicitent un prêt bancaire afin de consolider le financement de leur projet d’entreprise, un investissement ou tout simplement en cas de besoin de trésorerie. Mais le banquier a aussi une mission de conseil. « Par sa connaissance du tissu économique local et par son expérience des projets d’autres entrepreneurs, le banquier a une bonne vision du secteur d’activité du porteur de projet. Un plus pour s’assurer que le business plan est viable, explique Bertrand Magnin, directeur du développement de Banque Populaire. Il est un véritable partenaire qui peut répondre à toutes les questions que peut avoir un entrepreneur : banque au quotidien, gestion des flux, e-commerce ou encore international. »

L’avocat pour la sécurité juridique

Création d’entreprise, recrutement de salariés, changement de forme juridique, déploiement à l’international, conformité à la réglementation en vigueur… Durant toutes les phases de développement de son entreprise, l’entrepreneur sera confronté à des questions de droit. Il devra aussi produire des documents conformes à la loi, par exemple des conditions générales d’utilisation (CGU) ou de vente (CGV), un pacte d’associés si la situation le requiert, etc.

Dans certaines activités, le juridique est même une composante essentielle de la réussite d’un projet. « En franchise, par exemple, l’accompagnement d’un avocat est un plus », commente Bertrand Magnin. Le franchiseur doit en effet rédiger un contrat de franchise mais aussi fournir aux futurs franchisés des documents officiels comme le document d’information précontractuelle (DIP). Sur tous ces points, l’accompagnement d’un avocat est donc nécessaire. Il permet de gagner du temps mais aussi de déléguer ces missions à un expert pour pouvoir se concentrer sur le coeur de son projet.

Le mentor et le business angel

pour l’inspiration et le soutien moral

Qui de mieux placé qu’un entrepreneur pour conseiller un autre entrepreneur ? C’est le principe du mentorat, qui permet non seulement de casser la solitude du chef d’entreprise mais aussi de bénéficier de l’expérience de pairs et de s’inspirer de leurs parcours. « Plusieurs associations existent, avec des entrepreneurs bénévoles qui sont passés par ces difficultés que peut rencontrer tout chef d’entreprise et qui apportent leur aide en toute confiance », rappelle Benoît Mounier, directeur des programmes de la Fondation Entreprendre.

Les business angels, aussi, sont des soutiens de poids. Au-delà du simple aspect financier, ils apportent du conseil ainsi que leur réseau. « Bien s’entourer, c’est la clé du succès ! » conclut Benoît Mounier.

 

Article rédigée par Jennifer Matas.